Hallucinations et délires : la face méconnue de Parkinson
Au-delà des troubles moteurs, la maladie de Parkinson provoque des symptômes non-moteurs et notamment psychiatriques, tels que dépression, anxiété, hallucinations, délires, apathie et anhédonie, comportements impulsifs et compulsifs, et dysfonctionnement cognitif (difficulté de concentration, de planification, de mémoirisation, de langage, de prise de décision,...). En cause dans ces manifestations non-motrices, toujours la dopamine dont les niveaux diminuent dans le cerveau des malades, mais aussi la sérotonine dont la sécrétion est également affectée par la maladie.
Les hallucinations sont courantes dans la maladie de Parkinson. "Les hallucinations représentent un aspect délicat et parfois méconnu de la maladie de Parkinson. Celles-ci sont pourtant très répandu, avec une estimation de 30 à 75% des personnes atteintes qui vivent avec. Elles peuvent survenir avec l’évolution de la maladie. Ou alors en tant qu’effet secondaire des médicaments contre la maladie de Parkinson", nous dit France Parkinson.
Mon père n'avait pas eu d'hallucinations, à ma connaissance, avant sa chute et son hémorragie cérébrale. Ou bien il n'en avait pas parlé car c'est assez stigmatisant de dire qu'on voit des choses qui ne sont pas réellement là. Les hallucinations sont apparues à l'hôpital. On peut donc se demander si elles sont dûes à Parkinson ou si elles sont une conséquence des lésions cérébrales causées par la chute. Quoiqu'il en soit, elles sont revenues à quelques reprises. Un enfant dans la chambre, un chat qu'il voit sur son lit ou autour.
Ce qui est beaucoup plus courant pour lui sont des délires également assez fréquents pour les malades et dus en partie à la maladie et en partie au traitement dopaminergique lui-même. Le traitement aide et le traitement entraine d'autres problèmes. Pour mon père, c'est le symptôme non-moteur qui me semble le plus actif et qui sans doute accentue l'anxiété et la dépression, sans nécessairement qu'on détermine la cause et la conséquence. Il tient très souvent des discours très élaborés sur le fait d'être emprisonné, retenu contre son gré, d'avoir été kidnappé ou pris en otage.
Et je pense qu'on peut tout à fait comprendre qu'il ait produit et qu'il adhère à ces explications à sa dépendance actuelle. Ces idées délirantes sont également apparues à l'hôpital où il pouvait nous appeler au téléphone pour venir le libérer. Elles ont disparu quand il était à la maison. Et elles sont réapparues en force après quelque temps à la maison de retraite. Difficile de ne pas ressentir de la culpabilité, tant le lien est clair. En parler avec lui et lui expliquer la situation peut, temporairement, l'apaiser. Mais ces idées reviennent toujours et il y adhére fortement. Plus rarement, la thématique des délires a été la jalousie. Mais 9 fois sur 10, c'est le sentiment intime d'être retenu prisonnier.
kelloucq
le 18.01.26 à 00:31
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