Rentrer ou rester
Je n'ai pas écrit un mot depuis le 5 juillet et cette première semaine de juillet où je retrouvais ma liberté. J'ai profité de ce mois de juillet, puis de ce mois d'août simplement. En vacances ou au travail, il y avait une différence majeure : je n'avais pas à m'occuper de mes parents tous les soirs où je suis dans le Poitou et tous les weekends. Certes, je suis le plus souvent revenue à temps pour aller les voir et soit déjeuner, soit diner avec eux à la maison de retraite ou une fois à l'extérieur un samedi de marché très animé. C'est l'avantage d'une maison de retraite en centre-ville. Et d'ailleurs demain pour mon anniversaire, nous sortirons déjeuner au restaurant de nouveau.
Normalement, le retour était prévu pour aujourd'hui, le 29 août. Mais j'ai suggéré de prolonger d'un mois car nous n'avons pas encore recruté les deux assistantes de vie nécessaires pour assurer le retour à domicile. Comme m'a dit un voisin, assez flegmatique, "c'est du temporaire qui va peut-être durer". Mon père avait dit oui à ce mois supplémentaire, mais en espérant qu'il n'aurait pas lieu d'être. J'ai des candidates et des candidates de qualité, après avoir fait appel à France Travail pour poster une annonce. Cependant, rien n'est fait. Notamment aucune candidate n'est désireuse de prendre le poste de nuit, ce qui est un problème.
Mais admettons que nous trouvions dans les semaines à venir deux candidates pour couvrir l'amplitude horaire nécessaire. Est-ce que le retour à la maison est la meilleure solution? Mon père le réclame à cor et à cri. Pour lui, le plus dur est l'attente pour être aidé (parfois c'est rapide, mais souvent il trouve le temps long et c'est difficile de savoir vraiment combien il attend en moyenne car il n'est pas le plus patient des hommes). Il ne s'est pas non plus investi dans les rencontres avec les autres résidents : je l'avais espéré car il a toujours été sociable et adore discuter. Mais les résidents lui paraissent tous vieux et peu amènes, ils lui renvoient une image difficile à supporter, je pense. Du coup, il participe parfois à des activités communes, mais n'a pas fait de rencontre. On sent bien qu'il se referme de plus en plus sur lui-même et que son intérêt pour les autres diminue. Et puis, comme je le disais dès le début juillet, c'est lui qui gère en première ligne les angoisses de ma mère et c'est assez épuisant.
Et ma mère, comment va-t-elle? Elle a traversé des moments de grande angoisse, parfois de colère. La maison de retraite semble avoir trouvé une solution apaisante non-médicamenteuse : elle passe du temps dans l'unité de vie protégée où elle semble aller avec plaisir et revenir contente, même si elle dit qu'elle n'a "rien fait". Elle ne s'en souvient plus, mais le bilan semble plutôt positif. Cela donne aussi des temps de repos à mon père par la même occasion. Ces derniers temps, plusieurs conversations téléphoniques ont été positives. Elle était détendue. Dans ces conditions, est-ce bénéfique de lui faire vivre un nouveau changement? A ce stade, leurs besoins sont peut-être divergents et pourtant il n'est pas envisageable qu'ils se séparent, dixit mon père. Et en effet, cela ne serait pas plus facile à organiser.
En supposant un retour à domicile avec les aides nécessaires pour couvrir mes absences à Paris et ici quand je travaille, cela me laisse quand même de larges moments où je serai l'aidante active et surtout les weekends. Cela me ramène au rythme que j'ai connu de septembre à juin. Retour dans la Vienne dès la fin du travail le vendredi soir, plus de weekends libres, peu de marge de manoeuvre pour sortir le weekend même avec ma mère, mes soirées de début de semaine également happées. D'aucuns me suggèrent que je dois penser à moi et que le rythme envisagé n'est pas tenable pour quelqu'un qui travaille (plus qu'à plein temps) et qui, de plus, reprend des études à la rentrée. Et ce n'est pas faux.
Alors que fait-on? Aujourd'hui, je rencontre la directrice de la maison de retraite avec mon père pour évoquer ces sujets, faire le bilan de leur séjour, entendre un autre avis, laisser mon père aussi cheminer. Car il peut exprimer que ce n'est pas possible que m'occuper d'eux "bouffe ta vie". Ca, il le sait et le dit. Mais dès le lendemain, il m'appelle pour savoir où j'en suis de trouver du monde pour qu'ils rentrent chez eux!
Alors, je me répète, que fait-on? Suite au prochain épisode. Je n'ai pas la réponse, mais je reste sereine. Nous trouverons une réponse. Pas la réponse idéale car elle n'existe pas pour toutes les parties concernées à la fois, mais une réponse.
kelloucq
le 29.08.25 à 03:32
dans Actualités
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