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Les Kelloucq en voyage

Lundi 11 Septembre 2017

La vraie vie et les préjugés

















Fin août, avec l’envie de préserver l’esprit des vacances, je me suis installée pour travailler dans notre jardin partagé (une nouveauté 2017 dans notre rue qui mériterait un billet à part). Assise sur un banc de palettes de récup, mon ordi posé sur une chaise-bureau, j’étais bien au milieu des plantes. Comme on pouvait le prévoir, la rue n’est pas un lieu très propice au travail pour quelqu’un d’aussi grégaire que moi. Au final, j’ai passé plus de temps à discuter avec les passants qu’à travailler. Parmi ces passants, un voisin d’immeuble depuis notre arrivée en septembre 1997. Appelons-le Mr. R. Nous discutons de choses et d’autres, d’euthanasie principalement, mais aussi de politique. Et là, Mr. R. me dit « Vous ne vivez pas dans la vraie vie, Mme B. » Je lui demande de préciser sa pensée. « Vous, vous ne travaillez pas. » Là, comment dire ? J’ai une sorte de grand moment de découragement du pigiste, de l’indépendant, du travailleur nomade et atypique (pour l’instant). Nous nous connaissons, en voisins certes pas très intimes, depuis 20 ans et Mr. R. pense depuis tout ce temps que je ne travaille pas parce qu’il ne me voit pas partir régulièrement à une heure précise vers un boulot « posté ».

 

Je suis bien consciente que l’ancienne présidente du syndic bénévole qui gérait l’immeuble à notre arrivée, syndic que j’ai rejoint rapidement, pensait un peu la même chose puisqu’elle ne voyait pas d’inconvénient à venir frapper à ma porte pour régler des points liés à la gestion de l’immeuble à toute heure de la journée. Comme si je ne travaillais pas effectivement et que j’étais tout le temps libre comme elle qui était retraitée. Admettons, car elle était de la veille école ! Mr. R. est plus jeune, plus branché sur la société, comme il me l’explique, puisqu’il se targue de parler à plein de gens de tous horizons. Et bien, il a complètement loupé le fait qu’on puisse être souvent chez soi dans la journée et y travailler sans que cela ne paraisse du travail aux autres. Quand je sors pour des rendez-vous et des conférences de presse, il doit croire que je rejoins mes copines au café. Quand je pars en cours, il doit croire que je pars faire les courses. Quand je suis installée à ma table de bureau avec mon ordi, il doit penser que je regarde des films et des séries télé en boucle.

 

Comme quoi, on se fait des idées sur les gens. C’est une bonne leçon car je suis susceptible de me faire des idées à l’emporte pièce moi aussi. On a remis les pendules à l’heure sur ce que je fais dans la vie et pour gagner ma vie. Je ne sais pas ce qu’il en aura retenu et je ne sais pas si on peut changer une perception vieille de 20 ans en 10 minutes d’explication. Le fait que je travaille et que j’étudie en même temps n’a pas dû le rassurer, il pourrait encore me classer comme une sorte d’éternelle étudiante, une dilettante intellectuelle. Comme je ne vais pas aller jusqu’à lui mettre mes fiches de paie sous le nez, il va pourtant falloir qu’il se contente de ces explications. J'ai quand même des "preuves", comme cette photo en plein tournage d'un documentaire sur Union Square à San Francisco en 2011 (en même temps, ce n'est pas un travail typique, mais c'était une expérience inoubliable). 


Cela me rappelle qu’il y a quelques mois, Mr. R. nous avait prêté le film « La loi du marché » avec Vincent Lindon sur le boulot de vigile de supermarché qu’accepte le personnage principal après une longue période de chômage. Mr. R. devait vouloir faire mon éducation de femme oisive ! Ceci dit, il n’a pas tort : je ne connais rien à pleins de choses et ce film était instructif et poignant.

 

Pour en remettre une couche, quelques jours plus tard, notre boulanger du dimanche, sur le marché Saint Eustache, avec qui nous discutons souvent me sort aussi un « Pour vous qui ne travaillez pas… ». Et rebelote. Ai-je vraiment un look de « femme entretenue » ou bien de « ménagère de 50 ans » ? L’un ou l’autre, j’ai un problème d’image en ce moment…

kelloucq - 07:15 - rubrique Actualités - Version imprimable - Permalien - 0 commentaires

Jeudi 31 Août 2017

Vacances avec et sans enfants

Quand étions-nous partis pour la dernière fois en vacances sans enfants ? Je ne saurais le dire. Je pense à un voyage en Egypte il y a une douzaine d’années…Nous sommes à cette période charnière où nos enfants ne sont plus exactement des enfants, pas encore des adultes. Mais clairement plus des enfants.

 

De notre perspective de parents de grands ados, nous avons pu apprécier certaines scènes et remarques pendant ces vacances. Nous aimons nos enfants, mais avouons que parfois le quotidien avec eux – même en vacances – peut avoir un côté usant. En passant, je glisse une recommandation, un livre que j’aurais aimé lire quand j’avais de jeunes enfants. Il s’agit de « A chaque jour ses prodiges : être parent en pleine conscience » de Jon Kabat-Zin et de sa femme Myla. Si je connaissais Jon Kabat-Zin pour ses travaux sur la pleine conscience, je ne savais pas qu’il s’était intéressé, avec sa femme qui est une spécialiste de la maternité, aux parents et aux enfants. Il me semble que la promesse de ce livre est de nous aider à rencontrer nos enfants sur un autre plan, plus respectueux et plus à l’écoute, et non pas comme des « objets encombrants ».

 

En tout cas, je partage quelques-unes de ces remarques qui nous ont fait sourire parce que nous nous rappelions de moments semblables où nous avions eu exactement les mêmes pensées. Mais qui aussi me rendent triste car elles marquent une certaine impasse dans la relation parents-enfants. Des échanges sur un ton énervé, punitif, vengeur, borné, peu ouvert à l’aventure et à l’écoute.

 

« Tu veux finir à l’hôpital ou quoi ? », une mère à sa fille d’une dizaine d’années qui sautille avec énergie dans les rues de Gordes, certes un peu pentues et glissantes. Ca me rappelle Gabriel qui a fait quatre voyages aux urgences depuis sa petite enfance et qui aujourd’hui revient parfois un peu « cabossé » de ses cours de parkour…Dans la limite du raisonnable, la vie comporte certains risques quand on ne met pas les enfants sous cloche.

 

« 600 mètres et 600 mètres, ça fait 1,2 kilomètre », une mère qui vient déjà de rabrouer son fils d’une dizaine d’années alors qu'il voulait la prendre en photo dans une petite ruelle pittoresque de Gordes. Le jeune garçon a l’air d’un photographe enthousiaste et il a envie d’aller explorer un point de vue – effectivement magnifique comme nous venons de le constater nous-mêmes – sur la vallée du Luberon. Mais sa mère a d’autres projets et doit juger que c’est trop loin. Pourtant qu’est-ce que c’est que c’est que ces 1 200 mètres si l’enfant est énergique et volontaire ? A quelle logique comptable est-elle soumise même en vacances si ce n’est pas possible de flâner selon ses envies ou, dans ce cas, celles de son fils ?

 

« Tu m’as ruiné ta robe. La glace au chocolat s’est fini », une jeune mère, sur un ton qui est loin d’être bienveillant, à sa petite fille de 7-8 ans. La gamine a de la glace au chocolat tout autour de la bouche et apparemment en a mis sur sa jolie petite robe. On se croirait dans les Malheurs de Sophie. Toute cette belle petite famille aux apparences parfaites – 2 jeunes parents et 2 petites filles –  est tirée à quatre épingles dans un style parisiano-bobo chic. Cela semble injuste : est-ce la petite fille qui aime s’habiller ainsi ou sa maman qui joue à la poupée avec ses filles ? Est-ce effectivement une bonne idée de manger une glace au chocolat quand on est endimanché ? Serait-il possible de parler sur un ton moins amer et blessant ? Quelle scène de sa propre enfance rejoue cette mère en écrasant ainsi la joie de vivre de sa petite fille ? Quelle image de la famille parfaite l’enfant a-t-elle mise à mal avec ces tâches de glace au chocolat ? Hier j’ai observé un père avec ses deux petites filles dans la gare Saint-Lazare. La plus petite qui devait avoir 4-5 ans avait choisi une glace au chocolat : il l’a accompagnée avec douceur et il n’y a pas eu de drame. C’est donc possible de manger de la glace au chocolat pour une petite fille qui porte une jolie robe…

 

« La prochaine fois vous resterez chez Papy et Mamie et on partira en vacances tous seuls », deux parents à leurs deux petits garçons de 6-8 ans à la sortie d’une visite de l’église de Roussillon. On sait que, dans leur grande majorité, les enfants ne sont pas fans d’églises, de visites historiques et de musées en général. Il faut préparer, doser, panacher pour respecter les goûts de chacun. L’heure du déjeuner approchait, depuis combien de temps se baladaient-ils ainsi ? Je ne doute pas un instant que les deux enfants aient été énervés et énervants. Et d’ailleurs peut-être seraient-ils plus heureux chez leurs grands-parents ? Peut-être ce père et cette mère ont-ils besoin de quelques jours tranquilles ? Il pourrait y avoir une grosse dose de vérité dans cette remarque qui semblait venir droit du cœur. Finalement la vérité sort parfois de la bouche des parents…

 

« Toi, tu as besoin de faire la sieste. Sinon, tu n’iras pas à la piscine cette après-midi ! », une mère, ou peut-être une grand mère, à une petite fille dans les rues de Roussillon, pleines de monde et d’attractions. Là aussi, c’est sans doute vrai. Mais avec le ton employé, la sieste ressemble plus à une punition qu’à une solution positive pour reprendre des forces pour le reste de la journée.

 

Mais aussi cette famille qui joue au Uno sur la terrasse ombragée du café du Brave Crillon dans le petit village de Murs. Nous, à côté nous écrivons quelques cartes postales en sirotant un cocktail baptisé Napoléon. Ils rigolent de bon cœur, ils se vannent les uns les autres dans la bonne humeur. Cette scène de famille charmante fait plaisir à voir. Tout d’un coup, l’enfance de mes garçons me manque. Peut-être pas les chamailleries, les moments de fatigue ou d’énervement, mais ces beaux moments comme nous en connaissons tous. Comme ce pique-nique dans les jardins botaniques d'Oslo après la visite du musée Munch en 2004 (Gab va bientôt avoir 3 ans et Emmanuel 6 ans).


Je remarque que ce sont surtout des remarques de mères que j'ai rapportées, avec un père et une famille qui jouent le contre-exemple positif. C'est tombé comme ça. J'ajoute aussi que mes propres enfants m'accusent d'écouter indiscrètement (le verbe anglais "eavesdrop" est tellement plus pratique et parlant). Mais je n'écoute pas aux portes, ces scènes se sont passées dans l'espace public devant tout le monde. Mes oreilles et mon cerveau les ont captées (et interprétées certes).

 

Il est vrai que les vacances sont un peu casse gueule. Ces moments fugitifs de l’année où la famille se retrouve hors des contraintes de la vie quotidienne, où les parents ont des aspirations diverses et des envies de se faire plaisir et de faire plaisir à leurs enfants qui ne sont pas toujours sur la même longueur d’onde. Des moments où, plus encore que le reste de l’année, nous sommes sous l’injonction de nous amuser, d’être heureux, de nous cultiver, de nous reposer, de faire ceci et de faire cela. A ce propos, je renvoie à l’expo de Wolinski au château de Gordes, des remarques grinçantes et savoureuses sur les gens en vacances, plus adultes qu’enfants, mais si bien vues. On est de drôles de zèbres, nous les humains quand même.

kelloucq - 06:45 - rubrique Actualités - Version imprimable - Permalien - 0 commentaires

Mercredi 30 Août 2017

Sur les chemins de traverse du Luberon

 

 

 













En fait, je n’avais aucune image, aucune préconception du Luberon. J’étais une vraie page blanche. Même après avoir compris que l’endroit était couvert de touristes en été, nous avons foncé. Dans une petite voiture de location récupérée à la très belle gare perchée de Saint-Charles. Conduire une voiture est tellement exotique pour nous, nous sommes comme des enfants avec un jouet tout neuf.

 

En route, arrêt à Aix-en-Provence. Je me souvenais d’avoir interviewé la maire de cette ville il y a des années, mais là non plus guère d’images associées à Aix. Nous avons flâné, découvert la cathédrale Saint-Sauveur et son fameux triptyque du Buisson ardent commandé en 1476 par le Roi René – un provençal d’adoption qui a été récupéré par les calissons d’Aix. Puis le musée Caumont avec un film sur la vie du local Paul Cézanne et une expo pleine à craquer sur Sisley. Pour finir en fin d’après-midi à Joucas au pied du terrain de tennis où nous avions rendez-vous avec notre « logeuse ».

 

Le lendemain matin, flânerie et marché à Roussillon. Notre parti pris était de déjeuner ou diner dans des restaurants quand l’envie nous en prendrait, sur notre terrasse tranquille si cela nous chantait ou en pleine nature si l’occasion se présentait (elle s’est présentée à l’abbaye de Sénanque où une mini razzia dans la boutique de l’abbaye nous a fourni un pique-nique plus que convenable, composé de produits issus de divers abbayes et monastères, que nous avons dégusté dans un coin reculé derrière l’abbaye, complètement désert à part le chant des cigales et le vent dans les arbres). Faire le marché est toujours un plaisir pour nous. Une tapenade excellente, des fruits mûrs, du bon pain, que demander de plus ? Surtout que la maman de notre logeuse apportait ici et là des tomates ou du maïs du jardin, des yaourts faits maison…Ah si, un peu de vin que nous avons trouvé en visitant le domaine de Tuilière pour y choisir 2-3 bouteilles.

 

A la fin de cette première journée, nous sommes retournés à Roussillon pour une promenade « à la fraiche » sur le Sentier des Ocres qui nous a plongés dans une épopée industrielle révolue, mais dans un paysage toujours magnifique. Les vastes points de vue de tous les villages perchés sont à couper le souffle, mais à Roussillon cette couleur rouge si particulière ajoute une touche très « Colorado ».

 

Le lendemain, l’abbaye de Sénanque nous attendait : visite guidée très vivante, messe de midi avec les 7 moines restants et une poignée de touristes, pique-nique improvisé. Malgré les pleines voitures et cars de touristes, il est possible de trouver du calme dans ce très beau site et je dois dire que cette envie très lointaine de passer quelques jours hors du monde a peut-être enfin trouvé un endroit idéal pour se réaliser…Au retour, visite du village des Bories, un ensemble de bâtiments de pierres sèches rénovés avec l’impression distincte que la vie n’a pas toujours été tourisme et bon temps dans le coin. Elles sont très jolies, ces bâtisses en pierre qui m’ont fait penser à certains temples de Chichen Itza. Mais la vie devait être bien rude, entre les oliviers, les vers à soie et des travaux de cordonnerie pour Gordes toute proche. Nous avons poussé jusqu’à Goult, supposément à la recherche de pain, mais aussi pour une visite de ce joli village qui était animé, sans excès.

 

Avec Gordes, c’était un peu une histoire d’attraction et de répulsion, quelque chose de très ambivalent. Trop de monde, trop carte postale parfaite. Mais là encore, on peut faire connaissance avec des endroits touristiques en allant un tout petit peu dans l’envers du décor. Visite du château de Bertrand-Rambaud de Simiane, baron de Gordes qui aurait refusé de mener une répression sanguinaire contre les protestants (« Je suis lieutenant du roi et non pas son bourreau », aurait-il répondu à Charles IX. Je dis bravo), avec une bonne dose de Vasarely, leader du op art et l’un des « redécouvreurs » de Gordes à la fin des années 1940, de Hans Silvester dont les photos de la vie locale dans les années 60-70 m’ont beaucoup plu et de planches de Wolinski tout à fait savoureuses. Découverte aussi d’un musée « la vie sous la ville » dans les caves du palais Saint-Firmin, un projet de restauration gigantesque pour montrer combien Gordes a travaillé et vécu sous terre pendant des siècles. Après avoir dégusté le dessert dans Gordes (life is short, eat dessert first, comme on dit), nous avons pique-niqué avec une immense vue en sortant de Gordes. Avant de rejoindre Murs, un village plus endormi et moins couru, qui vivait sa fête de village tout entier autour de la pétanque. Tout cet enchainement de jolis moments nous a facilement amenés au dimanche matin. Sur le conseil d’un local, nous avons fait un tour dans un marché de producteurs où il nous avait indiqué qu’on trouvait des truffes d’été (bingo !), puis une descente tranquille et fraiche de la Sorgue en canoë, puis une sieste, puis l’heure du thé, puis la valise que nous faisons très petite et compacte. Une petite valise de cabine pour deux, y compris les cadeaux et autres petits trésors accumulés en route. Lundi, dernière matinée à Marseille et retour dans un TGV qui traverse de belles contrées. Le voyage de trois heures et des poussières passe très vite. Bonne idée de voyager hors des gros weekends. Retour à Paris, retrouvailles avec le jardin, le petit appartement et tout de suite envie d’être dehors.

 

Finalement, nous ne sommes pas des pages blanches quand nous voyageons. Ainsi, et ce n’est pas une volonté de comparer juste pour comparer, Marseille nous a fortement fait penser à San Francisco en plus ensoleillé (les rues pentues, la magnifique baie,…) et le Luberon à une Napa Valley plus vaste, plus large. Et notre logeuse de quelques jours nous a fait un beau compliment dans ses commentaires : « Isabelle et son mari ne sont pas de simples touristes. Ils sont à l'écoute, curieux et bons vivants. J'ai apprécié ces premiers moments de Airbnb en leur compagnie. » Nous sommes tous un peu des touristes, mais je me sens mieux si nous pouvons nous comporter plus comme des compagnons de voyage que comme des consommateurs effrénés de dépaysement.

kelloucq - 06:13 - rubrique Actualités - Version imprimable - Permalien - 0 commentaires

Mardi 29 Août 2017

On dirait le Sud…















De son chapeau, EJ a sorti Marseille. Puis nous avons pensé au Luberon. Et voilà comment on invente des vacances au fil de l’eau. Alors que la rentrée est en train de se rapprocher à grands pas et que les journées commencent à ressembler à un patchwork d’activités professionnelles et personnelles tous azimuts, je veux essayer de capturer l’essence de ces vacances : la légèreté, le vagabondage, l’absence d’horaires et de contraintes, la chaleur agréable, le farniente actif,…En sachant que ce blog ressemble de plus en plus lui aussi à un patchwork, mais aussi à une mémoire personnelle à laquelle je peux me référer des années plus tard.

Où loger ? Première question des vacances. Et tout d’un coup, un grand ras le bol d’Airbnb et une envie d’autre chose, un bon vieil hôtel par exemple. A Marseille, nous en avons trouvé un en bas de la Canebière, à proximité de tout. Mais dans le Luberon, EJ a réussi à dégoter un vrai Airbnb, une jeune femme qui louait pour la première fois une chambre dans sa maison dans le village de Joucas. Du coup, c’était vraiment sympa de discuter avec elle, d’avoir des suggestions locales (le restaurant Doppio à Goult avec son ambiance féérique et lumineuse, le plan canoë sympa sur la Sorgue, les jours de marché,…) en gardant toute notre liberté de mouvement. Côté hébergement, le pied.

Et la découverte de Marseille et ses 26 siècles d’histoire, quelle belle surprise ! Le Mucem dont j’avais tant entendu parler, avec la découverte du Fort Saint-Jean, les expos du moment (la géniale Vie d’Ordures notamment), un pique nique les pieds presque dans l’eau. Pour voir le Mucem (et les calanques), écoutez Dominique A et essayez de ne pas devenir accro. La Vieille Charité (une autre expo sur le banquet de Marseille à Rome) et son atmosphère si particulière au soleil chaud sur les pierres. L’ascension à pied jusqu’à la Bonne Mère avec une vue imprenable sur la baie magnifique au coucher du soleil. Une escapade en catamaran dans les calanques : même sans hisser les voiles, une belle journée sur l’eau pour prendre la mesure de la beauté de la mer. Une virée en bus et à pied vers Maldormé où les locaux viennent se détendre le soir après le boulot. La découverte du restaurant La Passerelle que nous avons beaucoup aimé pour ses beignets de légumes notamment et son ambiance de goguette-jardin. Mais nous sommes aussi sortis des sentiers touristiques avec une promenade dans le quartier de Noailles, qui nous a rappelé la Tunisie, la Turquie, l’Egypte et où nous avons collecté les éléments d’un petit-déjeuner dégusté dans un parc animé. Le musée Santini dédié au verre avec de très jolies pièces, une sieste, un retour dans le quartier du Panier, certes bobo chic, mais si attachant avec son dédale de ruelles mystérieuses. 

Une petite merveille pour notre dernière nuit marseillaise : le Vallon des Auffes et un pique-nique glané chez Fonfon, côté « à emporter », une dégustation devant le spectacle du coucher de soleil entouré de locaux et de touristes en train de profiter dans la bonne humeur du plaisir de vivre. Marseille, dont on nous avait dit tant de mal (« C’est sale, c’est dangereux ! »). On aurait été bien bêtes d’écouter les rabat-joie. Peut-être étions-nous shooté au simple bonheur d’être en vacances, mais Marseille nous a semblé un endroit joyeux, plein de gens de bonne humeur. Et de mon côté, je ne suis pas mécontente d’y retourner en septembre pour un truc de boulot. Je m’en fais une joie. La suite au prochain épisode…

kelloucq - 23:24 - rubrique Actualités - Version imprimable - Permalien - 0 commentaires

Vendredi 25 Août 2017

Encore un été magnifique

Reprenons le fil. Pour être sérieux 5 minutes, il faut faire un petit bilan de mes stages poitevins. Cela peut sembler un peu dingue de faire des stages supplémentaires pendant l’été : personne ne vous y oblige, on pourrait prendre l’été pour se la couler douce. Mais cette idée, qui a germé quand j’ai entendu ma tutrice de stage de M1 parler de ses stages d’été (en Afrique !), était vraiment une super idée. Je n’avais aucune expérience avec les ados – je ne compte pas le fait d’être la mère de deux ados, même si ces deux stages en CMP et en foyer d’accueil ont finalement pas mal questionné mon rôle de parent. Je ne rentrerai pas dans les détails (rappelons que les psychologues et par anticipation les étudiants psychologues ont un devoir de confidentialité qui est sacro-saint). Disons simplement que ces deux stages m’ont beaucoup appris et parfois bousculée aussi.

En plus, n’étant pas en stage tous les jours de la semaine pendant cette période entre la mi-juin et la mi-août, j’ai pu profiter de la douceur de la vie : sorties comme je l’ai déjà évoqué ci-dessus, cuisine tranquille et repas sympas en famille et entre amis, séances confitures, séjours intermittents dans le petit paradis, temps en famille en différentes configurations : seule avec mes parents, avec Emmanuel et ma vieille copine américaine Ginny que mes parents connaissent bien pour avoir voyagé au Mexique avec elle dans les années 80 (cette fois, nos escapades étaient du côté de La Rochelle, l’Ile de Ré et pour finir Amboise que j’ai découvert très différemment des visites précédentes car Ginny invite par nature à la flânerie), avec EJ qui est venu en visite aussi. Puis Emmanuel et EJ ensemble pour un mix de travail (les poutres du petit paradis ont été l'objet de leur attention pendant quelques jours, avec un très bel effet), de cours de conduite pour Emmanuel et même une escapade pour une journée de relaxation à l'excellent Spa Source de La Roche Posay, un cadeau que nous n'avions encore pas pris le temps de savourer. Pourquoi courir à Saint-Malo ou je ne sais quel thalasso branchée, quand on est à 20 minutes de La Roche Posay? Le Poitou, un trésor bien caché.

Manquait évidemment à l’appel Gabriel, évadé pour deux mois entiers dans le Michigan chez sa tante Morgan et son oncle Steve, puis en Californie chez son oncle Craig, tante Tracy et cousin Evan avec une escapade chez ses grands-parents ! Autant dire pour lui un été magique où il a fait l’expérience de son premier job (serveur), appris à faire de la voile, profité de sa famille américaine, fait de belles rencontres, mangé des s’mores et fait des feux de joie à tire larigot, j’en passe et sûrement des meilleures…Mais on restait en contact occasionnel par ces nouvelles technologies tout de même incroyables et ça faisait plaisir de le voir si heureux. Sans compter qu’on était très contents de le retrouver hier à Charles de Gaulle.

Au début de cette belle parenthèse poitevine, il me fallait encore jongler quelques projets de travail en parallèle des stages et du bon temps. Puis vers la mi-juillet, cette activité professionnelle frénétique s’est calmée et j’ai pu mieux me consacrer aux choses importantes. Par contre, mon intention de faire un peu de sport (j’avais même pris des renseignements sur les salles de sport et installé l’application « 7 minutes workout » sur mon téléphone) est tombée à l’eau. Seul exercice physique, des marches tranquilles en fin de journée à la découverte de coins que je ne connaissais pas dans ma ville natale. La marche, c’est très sain et très serein. Une marche en juin avec l’odeur du chèvrefeuille et du jasmin…Et j’oubliais la découverte du Mölkky (merci, Lysiane), cette pétanque finlandaise qui réserve de belles parties de rigolades. On ne brûle peut-être pas des tonnes de calories, mais qu’est-ce qu’on rit !

Dans le prochain épisode, je raconterai notre semaine de vacances en amoureux avec EJ. Suspens sur la destination...

kelloucq - 08:30 - rubrique Actualités - Version imprimable - Permalien - 0 commentaires

Jeudi 20 Juillet 2017

La Tour-Forteresse de Monthoiron : un secret de moins en moins caché















OK, j’avoue : je recycle du Facebook réchauffé sur ce blog, mais je vais un peu broder sur le sujet. Dimanche dernier, dans le cadre de mon long séjour poitevin estival, nous avons exploré la Tour-Forteresse oubliée de Monthoiron avec mes parents (et visiter un site historique avec un tailleur de pierre plein d'expérience, c'est franchement top). Deux jours plus tôt, le 14 juillet, après un déjeuner charmant à Bonneuil-Matours (Le Pavillon Bleu, on conseille aux locaux), nous errions à l’aventure dans la magnifique campagne. D’un coup de volant impulsif, nous sommes descendus voir cette Tour dont on recommence à parler depuis l’an dernier.

 

Il était un peu tard ce jour-là, mais nous nous sommes jurés d’y revenir le dimanche : il ne fallait pas louper l’occasion puisque la Tour était en état de siège pour ce long weekend. Une association de passionnés, la Maisnie de l’Hermine, recréait une ambiance de camp de siège, avec costumes d’époque et tirs de canon. Le petit plus qui transforme une visite. Mais n’importe quel jour, la visite vaut le détour. Détour sur une route que j’ai souvent empruntée, enfant et ado, lorsque l’étang d’Archigny était un but de sortie familiale, puis d’aventures adolescentes, très prisé. Mais à l’époque nous n’avions aucune idée de ce trésor local, tombé dans un certain oubli, recouvert de ronces et cependant connu des habitants de Monthoiron même si son origine l’était moins.

La Tour-Forteresse de Monthoiron a été construite il y a 500 ans sur des plans de Leonard de Vinci. Le fait est scientifiquement accepté et a été ratifié par les plus grands spécialistes de cette époque de l’histoire dans les années 1990 lors d’une conférence dédiée à Léonard de Vinci. Grande fan de Léonard, j'ai adoré la visite qui collait parfaitement avec ma nième visite du Clos Lucé la semaine précédente. La jeune guide, étudiante en histoire, fait revivre l’époque avec le soutien de sa famille (maman à la billetterie, papa à la taverne qui sert de l’hypocras – vin rouge assaisonné de miel, cannelle, clous de girofle et gingembre, amis en habit de gentilshommes d’époque plus vrais que nature). Un film très bien fait, en français avec des sous-titres en anglais, tourne en boucle dans la belle salle voutée restaurée (et agréablement fraiche par ces temps de canicule).

Je ne vais pas tout vous raconter dans le détail. En résumé, il semblerait que Jacques II Turpin de Crissé, compagnon de François 1er à Marignan et seigneur local, voulait en mettre plein la vue au roi en construisant une tour-forteresse sur les plans de Léonard de Vinci qui venait d’arriver en France à l’invitation du roi de France. De son côté, Léonard voulait se faire un nom dans l’ingénierie et l’architecture, jugées plus prestigieuses que la peinture. Le pauvre génie était frustré car de nombreux projets grandioses, comme la Cité idéale de Romorantin, étaient tombés à l’eau. Cinq siècles plus tard, grâce à l’ambition ou peut-être la mégalomanie de deux hommes, nous nous tenons devant cette tour plus « ostentatoire » que défensive, la tête tourbillonnant de questions et d’admiration. Sauf que finalement mon admiration pour Léonard en a pris un petit coup. Le génie qui me laisse baba pour tant de raisons diverses n’était pas mû purement par le sens de la découverte et l’aventure intellectuelle, mais aussi par une ambition tellement humaine, certes à la hauteur de ses vastes capacités, mais quand même le besoin de reconnaissance, le besoin d’être admiré, le besoin de laisser une marque. En somme, cette visite a rendu Léonard plus humain à mes yeux (je l’appelle Léonard car l’appeler Vinci me fait trop penser au conglomérat moderne moins glamour).

Qu’est-ce que je retiens d’autre? François 1er aimait venir chasser dans le coin et aurait passé plus de temps à Châtellerault tout proche qu'à Chambord…Dans ce cas, où était-il hébergé ? Et là, je dois dire que de rapides recherches sur Internet ne nous disent pas grand chose sur le sujet. Ce mystère demeure entier. Hyperbole marketing ou fait historique avéré ? Si vous avez des éléments de réponse, je suis preneuse.

Mais cette visite a une conclusion encore plus savoureuse. Ayant posté quelques photos sur Facebook en taggant un ancien copain de lycée lié à Monthoiron et exilé sur un autre continent, j’ai eu la joie de recevoir une invitation à lui rendre visite le lendemain puisqu’il était lui aussi de passage dans le Poitou. Cela faisait plus de 30 ans que nous ne nous étions pas vus, mais nos expériences communes et notre goût pour la conversation tous azimuts nous ont immédiatement rapprochés par delà les années. Une magnifique après-midi en compagnie de sa femme que je ne connaissais pas. Je collectionne avec bonheur ces micro-moments de connexion.

 

kelloucq - 03:07 - rubrique Actualités - Version imprimable - Permalien - 0 commentaires

Lundi 17 Juillet 2017

Visite aux fantômes du passé et dialogue avec les vivants

Alors que notre nouveau président vient de s'exprimer à la commémoration de la rafle du Vel d'Hiv hier (« «Oui, je le redis ici, c'est bien la France qui organisa la rafle puis la déportation et donc, pour presque tous, la mort des 13.152 personnes de confession juive arrachées les 16 et 17 juillet à leur domicile»).

 

Alors que je commence à lire l'autobiographie de Simone Veil (1927-2017), Une Vie, publiée en 2007 et que je suis frappée par ce passage qui raconte les jours avant son arrestation à Nice et sa déportation à Drancy, puis à Auschwitz-Birkenau. « Personne n’avait entendu parler d’Auschwitz, dont le nom n’était jamais prononcé. Comment aurions-nous pu avoir une idée quelconque de l’avenir que les nazis nous réservaient ? Aujourd’hui il est devenu difficile de réaliser à quel point l’information, sous l’Occupation, était rationnée et cloisonnée. Elle l’était du fait de la police et de la censure. On a peine à croire, à présent, que personne, hors les quartiers concernés, n’ait entendu parler de la grande rafle du Vel’ d’Hiv’ de juillet 1942 laquelle, depuis lors, a fait couler beaucoup d’encre et nourrit tant de polémiques. Lorsque, bien plus tard, j’en ai eu moi-même connaissance, j’ai partagé la stupeur collective face à la révélation du comportement de la police parisienne. Sa complicité dans l’opération me semblait une tache indélébile sur l’honneur des fonctionnaires français. Aujourd’hui, même si nos concitoyens, dans leur immense majorité, partagent ce point de vue, mon jugement s’est précisé, et je pense qu’il convient de moduler l’opprobre. Jamais, jamais on ne pourra passer l’éponge sur la responsabilité des dirigeants de Vichy, qui ont prêté main forte à la «solution finale» en apportant aux Allemands la collaboration de la police française et de la milice, notamment à Paris. Cela n’atténue en rien le mérite de ceux de ces policiers qui, par exemple, ont prévenu et ainsi sauvé la moitié des vingt-cinq mille Juifs à Paris avant la rafle du Vel’ d’Hiv’en juillet 1942.

Plus généralement, si les trois quarts de la population juive vivant en France ont échappé à la déportation, c’est d’abord du fait de l’existence, jusqu’en novembre 1942, de la zone libre et jusqu’en septembre 1943, de l’occupation italienne.

Et puis, nombre de Français, n’en déplaise aux auteurs du Chagrin et la Pitié, ont eu un comportement exemplaire. Les enfants ont été, pour le plus grand nombre d’entre eux, sauvés grâce à toutes sortes de réseaux … En fin de compte, de tous les pays occupés par les nazis, la France est, et de loin, celui où les arrestations furent, en pourcentage, les moins nombreuses…. » (p. 53-54).



 

Voici un billet posté le 30 juillet 2013. Depuis, la jeune femme qui avait caché G, devenue une très vieille dame à qui il rendait visite à chaque passage en France, est morte. G. lui-même a 78 ans. Nous allons le voir dans quelques jours lors de sa visite presqu'annuelle à Paris. 

 



Diner avec un petit garçon juif rescapé

En 1940, G. avait un an et vivait avec sa famille rue Saint-Joseph dans le Sentier, à deux pas de chez nous. Hier soir, cet ami d’ami que nous connaissons depuis quelques années et qui vit aujourd’hui à New York est venu dîner à la maison. A la fin d’un repas très enjoué et très plaisant, nous avons évoqué son enfance et l’histoire dramatique de sa famille pendant la guerre. On peut lire des livres (Le Ô vous, frères humains d’Albert Cohen que je viens de relire ou Elle s’appelait Sarah de Tatiana de Rosnay) ou voir des films. Rien ne remplace un être humain en face de vous qui vous raconte son histoire.

L’histoire de G. est à la fois singulière et commune à des milliers d’enfants juifs de cette sombre époque. Se sachant en danger, sa famille le confie à un couple de Montreuil. Père, mère, grand-père, oncles et tantes seront tous déportés et ne reviendront pas d’Auschwitz. G. explique qu’ils partaient pensant être envoyés dans des camps de travail. Seule sa grand mère, jugée plus faible, reste sur place en se cachant dans un autre appartement du même immeuble. Elle reste aussi comme un lien pour son petit-fils. Quand les bombardements qui annoncent la libération deviennent intenables à Montreuil, la famille d’accueil part se réfugier en Charente chez un cousin, avec G. évidemment.

A la fin de la guerre, G. retrouve sa grand-mère, désormais son unique famille. Il a 5 ans. Ils partiront en Amérique du Sud, puis lui fera sa vie aux Etats-Unis. Depuis, il est revenu sur les traces du passé et a rendu visite à la famille de Montreuil et aussi à celle de Charente. Il voit toujours une survivante de cette famille qui refuse obstinément d’être considérée comme une héroïne pour avoir hébergé un enfant juif malgré le danger. Dans la rue Saint-Joseph, son ancien immeuble a été transformé en hôtel de luxe. Comme le dit la compagne de G., le plus beau est qu’il n’ait aucune rancune et qu’il ait bâti une vie positive et ouverte. Mais essayons un instant de nous mettre à la place d’un enfant dont la vie débute dans ces conditions terribles…

En parlant de se mettre à la place, on ne peut pas s’empêcher de se demander ce que nous aurions fait dans ces conditions. Aurai-je détourné la tête pour ne pas savoir ? Aurai-je collaboré ? Aurai-je trouvé le courage de me montrer à la hauteur de la situation ? Questions sans réponse.

kelloucq - 07:55 - rubrique Actualités - Version imprimable - Permalien - 0 commentaires

Mardi 27 Juin 2017

La fin de l’année universitaire et d’une époque

Je relisais le billet écrit en septembre, au tout début de l’année universitaire. Cette fameuse année de Master 1 qui sème la terreur dans le cœur des étudiants de psycho. La réforme est en cours, mais jusque là la pratique était de laisser entrer tous les étudiants qui avaient réussi leur licence en master, avec une sélection violente à la fin de l’année. A Paris Nanterre, c’est environ 3 étudiants sur 4 qui restent sur le carreau, interdits de continuer en Master 2 et donc dans l’incapacité d’obtenir le sésame final pour exercer en tant que psychologue. On devra bientôt parler au passé car c’est la dernière année que les choses se passent ainsi à Paris Nanterre et dans quelques autres universités qui ont pris les devants. Puis l’année prochaine, toutes les universités auront appliqué la réforme qui consiste à opérer la sélection à la fin de la licence. Il revient à notre promotion l’honneur non pas d’essuyer les plâtres, mais d’éteindre la lumière en sortant. D’être la dernière promotion qui aura subi la pression de cette sélection drastique au milieu du guet. Toutes proportions gardées, c’est un peu comme si Christophe Colomb avait embarqué avec 100 membres d’équipage, en sachant qu’il allait en jeter 75 par dessus bord au milieu de l’Atlantique.

Du coup, on pourrait penser que la sélection causerait une ambiance compétitive entre les étudiants. Et bien, pas du tout. En tout cas dans cette promo, j’ai été frappée par l’entraide et la solidarité entre les étudiants. Nouvelle dans cette fac, j’aurais pu doublement craindre de ne pas m’intégrer dans les micro réseaux des étudiants. Mais il n’en a rien été. En direct, j’ai eu la chance de très vite rencontrer des étudiants avec qui il s’est noué de bonnes relations de travail et de soutien moral. Sur le groupe Facebook, même ambiance d’échange de cours, de réponses aux questions et de bienveillance générale. Normal, pourrait-on penser, de la part d’étudiants qui se destinent à une profession profondément humaine. Certes, mais on pourrait aussi imaginer que les enjeux importants mèneraient à des conduites égoïstes. Or, cela n’a pas été le cas, ce qui restera un des points forts de cette année, renforcé par le sentiment de camaraderie qui nait de l’affrontement d’une épreuve commune.

Car cette année de Master 1 n’est pas de tout repos. D’ailleurs historiquement de nombreux étudiants choisissaient de faire le M1 en deux ans afin d’obtenir les meilleurs résultats possibles et de mettre toutes les chances de leur côté pour être pris en M2. Neuf cours au 1er semestre et 10 autres au 2e semestre, 250 heures de stage avec son inévitable rapport et un projet de recherche (avec revue de la littérature, définition d’hypothèses et opérationnalisation, choix des outils, recrutement d’une population, passations de tests, exploitation statistique des données et rédaction d’un mémoire de recherche, mais pas de soutenance orale dans le cas de ma filière). C’est costaud et il faut garder le rythme. Pour la première fois, j’ai pris un mois de « congé » de mon travail de journaliste pour me préparer aux partiels de mai qui allaient être décisifs. Cela a été un crève-cœur de dire à mes employeurs habituels (ils ne sont plus que deux aujourd’hui et cela est parfait) que je ne pouvais pas travailler pour eux pour cette période de préparation. Il me semble que la clé est d’être organisé et de ne pas laisser s’accumuler le travail. Les weekends studieux, ça produit des résultats.

Depuis fin mai, je peux me dire avec satisfaction que le M1 est validé, avec une mention Bien qui plus est. C’est une vraie satisfaction personnelle d’avoir réussi à boucler le M1 en un an (sans même déborder sur la 2e session avec des rattrapages ou des dossiers rendus en juin) et d’avoir obtenu des notes satisfaisantes. Depuis quelques jours, le dossier de candidature en M2 est également bouclé, avec une promesse de stage pour l’année prochaine qui est un véritable plus. Et avec un sujet de recherche identifié et deux prof intéressées pour travailler avec moi. Cela me permet d’attendre la réponse pour l’admission en M2 avec une certaine sérénité, même s’il ne s’agit pas de vendre la peau de l’ours…

Si ce billet ressemble à de l’autosatisfaction, j’assume. On peut être critique quand il y a lieu de l’être et content de soi quand c’est justifié. Tout cela n’est pas arrivé par hasard et c’est le travail qui a permis d’en arriver là. Alors pour me relaxer cet été, j’ai décidé de faire un stage complémentaire auprès d’enfants et d’ados. Et finalement ce sera deux stages, pour un total de trois jours par semaine, qui viennent de commencer à Poitiers.

kelloucq - 07:28 - rubrique Actualités - Version imprimable - Permalien - 0 commentaires

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Tribune

  • kelloucq : Hélène, je veux bien vous répondre, mais je ne trouve pas d'emails sur votre blog.
  • catherine : hello, je viens de passer trois heures de lecture ;c'est trop top ,dirait Clément, votre parcours m'a ramené en 1986 que de souvenirs ! je vous embrasse .
  • Julien : Et hop un nouveau blog dans notre BlogRoll! Sympa la "double-traducti on", mais ce serait encore plus sympa de l'annnocer : je me suis retrouver a lire tout le paragraphe en Anglais avant de me rendre compte que c'etait le meme qu'en Francais!
  • kelloucq : Julien, mon blog est un blog d'habitués principalement! Je ne leur explique rien, ils savent tout.
  • name :
  • Mercatini di Natale : Ou on peux trouver dans le web les PC a 100 dollars en vente?
  • kelloucq : Ils ont été vendus aux particuliers nord-américains pendant quelques semaines (ils devaient aussi en acheter pour une donation à un enfant). Mais en gros, ils ne sont pas pour le marché des particuliers.
  • IteseeVer : Hello!
    Nice site ;)
    Bye
  • NICKNAME :
  • Stephanie : Wow!
  • une mamie de France :
  • mamie Coco ! : Bravo ! bravo ! ! à très bientôt !

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